lundi 29 octobre 2007

Recherche cartons désespérément

Les déménageurs se suivent et ne se ressemblent pas.

Le premier, l'Allemand dont j'ai déjà parlé ici, nous a sorti comme prévu un devis très sérieux. Trop sérieux. Il ne s'agirait pas de nous enfumer. J'ai peut-être l'air réservée au premier abord, mais il est probable qu'il entende parler du pays.

En fait, j'aimerais comprendre comment, entre deux déménageurs, il peut y avoir 25 % de différence dans l'évaluation du volume que représentent nos biens. L'Allemand a établi un volume de 44 mètres cube. Le deuxième déménageur a compté 33 mètres cube.

Ce deuxième déménageur nous a bien plu. Un peu pile électrique mais efficace et précis. On a eu un tas d'informations. Et il a l'air solide côté douane. (C'est un point qui me stresse, ça, la douane. Je ne sais pas pourquoi, le concept du douanier suisse, je le trouve inquiétant.)

L'Allemand, quand je l'ai vu, m'a répété plusieurs fois de l'appeler si on considérait que le devis était trop élevé (je sais, j'aurais dû me douter que ce genre de phrase était suspect...) Il a ajouté que ce serait dommage que le contrat lui passe sous le nez pour 100 euros.

Comment vous dire.

La différence entre le devis de l'Allemand et celui de la Pile-Electrique-Efficace est de... 2876 €.
Je pense que les Allemands ont un sens aigü de l'euphémisme.

Le troisième déménageur rencontré ce matin était en retard de 20 min. Ces 20 min restent un mystère. Il a appelé à 9h alors qu'il était à 500m de notre appartement. Il a sonné à 9h20. Il n'avait pas spécialement l'air traumatisé ou contrit en arrivant et n'a pas non plus spécialement expliqué son périple durant ces 20 min. Comme c'est moi qui lui ai donné les indications nécessaires par téléphone à 9h, cela me laisse perplexe. Est-ce qu'elles étaient tellement foireuses qu'il n'a pas cru bon d'aborder ce sujet ? Si c'est le cas, je lui en suis reconnaissante. Je ne suis pas particulièrement fière de mon absence totale de sens de l'orientation.

En moyenne, une visite technique dure 45 minutes. La sienne a été aussi longue que sa mystérieuse évaporation. Mais je ne lui en veux pas. Il avait sûrement d'autres visites à faire et comme il n'avait visiblement pas de GPS, il a eu raison de prendre un peu d'avance. De notre côté, ça nous arrangeait. Le Gars devait accessoirement aller travailler. Et moi, j'ai accessoirement rejoint mon lit pour finir ma nuit. (C'est l'automne. J'hiberne.)

Ce déménageur n'a pas dégagé une réelle maîtrise de tous les aspects du déménagement en Suisse. Je me demande si c'est lié à sa personnalité, à ce qu'il a peut-être vécu de traumatisant durant les 20 minutes de son intrigante absence, ou d'une façon générale à l'entreprise qui l'emploie. Je pencherais pour la première proposition. C'est le genre de personne qui paraît toujours un peu approximative. Mais il était très gentil. Et il ressemblait à Christophe Dominici.

On attend son devis pour la fin de la semaine. Approximativement.

dimanche 28 octobre 2007

Et toutes ses dents...

Je ne vais pas fêter l'anniversaire de tous ceux que je connais via ce blog. D'abord parce que ce n'est pas l'objet du blog, ensuite parce qu'à tous les coups j'en louperais un ou deux et que bon.

Je vais juste faire une exception aujourd'hui. Parce qu'il a 20 ans. Parce que c'est mon petit frère.

(Techniquement, il a eu 20 ans il y a deux jours. Mais comme il le fête aujourd'hui, je m'adjoins à la fête. Je dis ça au cas où on penserait que je me suis gourée dans la date. Sachez-le, j'ai un agenda à la place du cerveau : je me goure rarement dans une date. Sauf si ça m'arrange.)


Alors Happy Birthday, Jérémie !



Les Tontons Flingueurs - Happy Birthday To You

mercredi 24 octobre 2007

Entropie



Voilà à quoi ressemble mon bureau en ce moment.

J'ai une capacité énorme à générer du bordel.

Quand je commence à travailler, je sors tout ce dont j'ai besoin et comme je déteste ranger au fur et à mesure, ça s'accumule. Ainsi, si on fait une étude à la fois archéologique et géologique des multiples tas de mon bureau, on peut, à partir des diverses strates de bordel, déterminer sur quoi j'ai travaillé et éventuellement une chronologie (mais ce point n'est même pas assuré).

La génération du bordel ne m'empêche pas de travailler. Pendant que je travaille, sortir de façon anarchique et laisser s'éparpiller toutes sortes d'affaires me rassurent. Il y a néanmoins un moment où l'amas de bazar m'empêche de m'atteler à de nouvelles tâches et m'oblige alors à des rangements drastiques et conséquents. Cependant, reconnaissons que cela n'arrive pas à des fréquences excessivement élevées.

Le paradoxe (mais en est-ce un ?) c'est que je crois être très organisée. C'est peut-être pour cela que mon bazar ne me perturbe pas trop. A l'inverse, j'ai souvent remarqué que des personnes quasi maniaques avaient plutôt du mal à s'organiser.

A ceux qui penseraient (cf. les quasi-maniaques pré-cités) que le bordel me fait forcément perdre du temps à un moment donné, je les renverrais à ceci, imparable :

lundi 22 octobre 2007

Nouvelles administratives

  • J’ai reçu aujourd’hui l’accusé de réception de l’URSSAF (via la Poste) concernant ma demande de radiation de mon entreprise. Parce que contrairement à ce que j’écrivais ici, la possibilité de créer ou de supprimer son entreprise en ligne est finalement assez relative. On peut remplir un formulaire sur Internet mais il faut quand même l’envoyer par la Poste… Cela dit, à présent, l’opération est lancée. Et dès la semaine prochaine, je passe du statut intéressant de chef d’entreprise à celui provisoirement utile de femme au foyer.

  • Nous sommes en attente d’un premier devis concernant le déménagement. Le déménageur rencontré ce matin pour la visite technique était allemand donc sérieux (j'assume totalement l'atavisme de cette remarque). Comme d’une façon générale, il a beaucoup insisté sur le sérieux de son entreprise, tout laisse à penser que le montant du devis va être sérieux, lui aussi.

  • Le déménageur sus-nommé m’a informée que beaucoup d’appartements en Suisse possédaient une cuisine équipée. Cela veut dire qu’en plus du lave-linge, il est possible que nous devions trouver une gestion en terre française du frigo, de la cuisinière et de notre lave-vaisselle Miele® quasi neuf qui devait nous faire 14 ans (cf. le sérieux allemand). Cela me navre.

  • France Telecom semble avoir du papier à gâcher. Ils semblent surtout penser que l'on partage cette disposition. Ce matin, j'ai reçu une facture de 1,91 €. Et ils demandent qu'on leur envoie un RIB pour régler cela.

jeudi 18 octobre 2007

C'est bien ? C'est neutre.

Une majorité de français connaît la bataille de Marignan. Ils la connaissent essentiellement parce que sa date est facile à retenir : 1515 et sans doute aussi parce que c'est une victoire française (mais non, il n'y a rien de cynique, là-dedans).

Parmi ces français avertis, sans doute sont-ils nombreux à se rappeler quel était le monarque au pouvoir dans le Royaume de France à cette date : il s'agit, bien sûr, du jeune et fringant François Ier.

Il reste même probable que quelques uns auront retenu que le Chevalier Bayard soi-même, se battit alors avec une grande bravoure (en tout cas, c'est ce que dit Wikipédia).


Certains, peut-être, pourront aller jusqu'à situer, même de façon grossière, Marignan sur une carte de l'Europe (apprenez-le : aujourd'hui ça s'appelle Melegnano. Par contre, c'est toujours au Nord de l'Italie).

Mais je me demande s'il sont tous comme moi jusqu'il y a très peu, c'est-à-dire totalement ignorants des vaincus de Marignan.

Je vous le donne en mille : il s'agit... des Suisses (et à l'époque la Confédération comptait 13 cantons).

Si je vous parle de cela aujourd'hui, ce n'est pas par chauvinisme crasseux (trop risqué à un mois d'une expatriation en Suisse...) mais parce que j'ai découvert que la fameuse neutralité suisse trouve ses racines dans ces jours glorieux ou funestes (chacun choisira) des 13 et 14 septembre 1515 où les Suisses durent battre en retraite devant les Français.

Ces mêmes Helvètes signeront, avec la France, le 29 novembre 1516, un traité de paix perpétuelle qui changera à jamais le destin de la Suisse. A partir de cette époque, ceux qui sont désormais devenus nos-amis-les-Suisses arrêteront toute guerre expansionniste pour leur propre compte.

Cela étant, les Suisses vont alors s'engager dans quelque chose de difficile à comprendre pour le commun des mortels - même Suisse. Il s'agit du mercenariat. La Suisse va louer ses soldats (désoeuvrés, du coup, il est vrai) aux pays les plus offrants pour combattre dans leurs rangs et servir les propres désirs de conquêtes de ces pays. Par exemple, en 1748, 22000 soldats suisses servirent la France, 2400 la Hongrie, 13600 l'Espagne, 6900 Naples, 10600 la Savoie et 20400 la Hollande. A travers les siècles, la France sera le plus grand employeur de Suisses. Ceux-ci se montreront toujours courageux et loyaux, parfois héroïques, comme en août 1792 où 600 mercenaires suisses seront massacrés aux Tuileries en défendant la monarchie française.


Je dois cette édification historique personnelle au très beau livre de Joëlle Kuntz, L'histoire suisse en un clin d'oeil (2006). C'est court, clair, imagé, un poil impertinent, brèfle, très intéressant pour qui veut engranger un peu de suissitude.


lundi 15 octobre 2007

hu hu hu !

En 1991, le taux de chômage [en Suisse] était de 1%, un taux qui paraît insupportablement élevé et effraye considérablement les Suisses.

A. Bergmann, Le "Swiss way of Management"
Est-ce que les Suisses angoissent beaucoup de façon générale ou au contraire ont tellement peu de raisons de s'inquiéter qu'ils s'en inventent ? :-)

Pour info, le chômage en France en 1991 était autour de 9,5%.

Pour info toujours, le taux de chômage actuellement en Suisse est de 2,5%. (6% pour Genève, 2,4% pour Fribourg et le Valais, 3,2% pour Neuchâtel, 3,8% pour Vaud, 3% pour le Jura, 1,8% pour Berne et 2,4% pour Zurich).

Pour info encore, un taux de chômage de 1% est plus un signe de sclérose qu'un signe de dynamisme. Un taux autour de 3% est généralement considéré comme sain, car reflétant un renouvellement normal des divers secteurs et entreprises.

Pour info enfin, la France a actuellement un taux de chômage de 8,6% (et on serait presque contents de nous...)

vendredi 12 octobre 2007

Je pompe donc je suis


Aujourd'hui, on peut créer et fermer son entreprise individuelle sur le net. Il suffit de remplir un formulaire sur le site de l'URSSAF qui communique les infos aux impôts et aux diverses caisses (retraite, assurance maladie).

Ce n'était pas le cas quand j'ai créé mon entreprise il y 772 jours. A l'époque, je me suis rendue au bureau de l'URSSAF à Guyancourt et j'ai obtenu mon numéro de SIRET en moins de 10 min (un bon point, notez). Je me souviens avoir trouvé alors que ça manquait un peu de solennité, mais j'aurais mieux fait, au lieu de m'émouvoir, de vérifier que la préposée de l'URSSAF n'écrivait pas n'importe quoi.

En effet, elle a fait figurer sur mon acte d'immatriculation la mauvaise caisse de retraite. En clair, j'ai été affiliée à la caisse de retraite des commerçants au lieu de celle des professions libérales. Quand on sait qu'un commerçant paie environ 10 % de plus de cotisations retraite-invalidité-décès qu'une profession libérale, vous comprendrez que ça ait un peu pertubé la petite travailleuse indépendante que j'étais.

Tout cela m'a donc valu de nombreux coups de fil sans effet pour essayer de corriger le tir. Finalement, pour obtenir la bonne affiliation, j'ai dû me rendre à Paris, aux bureaux de la CIPAV, caisse où j'aurais effectivement dû être inscrite dès le départ.
(Une chose que j'ai apprise pendant ces deux années de démarches c'est que pour régler un problème administratif rapidement, il vaut toujours mieux se déplacer à l'endroit d'où vient le problème. C'est évidemment plus simple quand on habite à proximité du problème.)

L'ironie de cette histoire, c'est que j'ai cotisé deux ans à cette caisse de retraite âprement choisie... pour rien. En effet, à la CIPAV, il faut côtiser au moins 10 ans pour pouvoir toucher quelque chose à la retraite.
Une façon de résoudre le problème des retraites que de ne pas en verser, au fond.

Ceci n'est qu'une petite péripétie dans l'histoire courte de mon entreprise. Il a y eu des trucs plus shadoks. Et bien que je n'aime pas la critique facile, force est de reconnaître que l'administration française a été à la hauteur de sa réputation. Si, au début, ça m'angoissait pas mal (Le Gars doit s'en souvenir) aujourd'hui j'attends amusée de voir ce qu'elle pourrait bien me réserver. Peut-être que la fermeture prochaine de mon entreprise me donnera l'occasion de vous raconter d'autres épisodes.
D'après mes lectures, l'administration suisse a plutôt une bonne image (mais c'est vrai que les Suisses n'aiment pas les conflits ;-)). J'aurai bientôt l'occasion de mettre à l'épreuve cette réputation. Cependant, après mon expérience française, je suis plutôt bon public : un bonjour, un sourire, un merci, ça m'ira très bien...

mercredi 10 octobre 2007

De conflictibus

"Le Suisse redoute tout antagonisme ainsi que tout ce qui peut le favoriser. Il en résulte :
- un conformisme ou tout le monde se sent regardé, examiné, jugé, jaugé, plus que nulle part ailleurs dans le monde. [...]
- une préférence du parallélisme à l'opposition, où l'on préfère s'ignorer plutôt que de se faire la guerre ; d'où aussi :
  • une tendance à ne pas dire les choses directement et à réprimander ceux qui le font [...]
  • une politique très répandue du "juste milieu" [...]

Si un conflit éclate néanmoins, on cherche d'abord à le régler à l'amiable. On s'arrange. On tentera toujours d'en venir à bout par la discussion, non par la force. [...]

Dans les cas moins heureux où l'on n'arrive pas à s'entendre, une pratique, elle aussi fort répandue, consiste à ne pas en parler : on tait le différend. Tout se passe alors comme si le fait de ne pas parler explicitement et officiellement des conflits en supprimait l'existence. Non reconnus, ils sont niés contre toute évidence. [...]

Une stratégie qui ne permet pas totalement d'éviter les conflits mais qui peut en contenir l'extension, est celle de leur personnalisation. Il s'agit alors de tout réduire à des cas individuels (susceptibles d'être évacués, s'il n'y a pas d'autre solution, en se séparant de la personne qui pose problème) et de ne rien considérer comme un problème général qui existerait indépendamment du mauvais caractère d'un tel ou d'un tel."

A. Bergmann, Le "Swiss way of management"

Sans vouloir jouer la psychanalyste de comptoir, je me demande si cette peur viscérale des conflits ne complète pas les causes qui font que les Suisses soient (avec les Suédois) les champions d'Europe du stress au travail (plus d'1/3 des Suisses se disent stressés ou très stressés).

Cela étant dit, les Français n'ont pas vraiment à pavoiser puisqu'ils arrivent quatrième de ce classement avec 28 % de stressés, peut-être, cependant, pour des causes sensiblement différentes.

lundi 8 octobre 2007

Berceuse

C'est une très jolie digression que je dois faire aujourd'hui :

Elle a utilisé intégralement son forfait neuf mois, même un peu plus, et elle fait depuis hier soir le grand bonheur de ses parents.

Bienvenue à la petite Faustine, notre nouvelle nièce !

Aux heureux parents, je dédie cette chanson, en prévision des nuits courtes des prochaines semaines :-)


dimanche 7 octobre 2007

Avec sa p'tite auto...

Hier, je me suis penchée sur le cas de notre future assurance auto.

En réfléchissant à cette question d'assurance (qui, je crois, n'a pas fini de me hanter compte-tenu de la somme d'assurances à résilier et à souscrire pour une expatriation), je me suis rendue compte que je n'avais jamais personnellement souscrit d'assurance. J'ai toujours été assurée, mais d'abord ce sont mes parents qui s'en sont chargés - même lorsque j'étais étudiante - et par la suite, j'ai migré naturellement sur le système d'assurance de mon mari. Et bien que je n'en ai aucun souvenir, c'est probablement Le Gars qui s'est chargé des démarches, à l'époque.
Force est de constater que cela fait très 19ème siècle de passer sans transition et même via la Macif, d'un système d'assurance parental à un système d'assurance marital.

Brefle, j'ai donc visité divers sites d'assurances dont comparis.ch qui propose un comparatif pour tout type d'assurances suisses. J'ai dû remplir plusieurs formulaires, qui m'ont permis d'apprendre que notre voiture avait 5 CV, que notre permis était unbefristet (j'espère que c'est bien, parce que je ne suis pas sûre de comprendre ce que ça veut dire) et que je demandais une assurance Vollkasko.

Le site comparis.ch me réservait une surprise amusante : tu peux demander à souscrire l'option "assurance fouines".
Devant ta perplexité, le site t'explique qu'il s'agit d'une assurance contre les sinistres causés par des morsures de fouines.
Cela m'a amenée à me poser trois questions fondamentales :
- Tout d'abord, en ma qualité de béotienne dans le souscriptage d'assurance auto, je me demande si cette option est une particularité suisse (?)
- Par ailleurs, y aurait-il des fouines à Lausanne : il me semble que ces charmantes bestioles doivent tout naturellement préférer les attraits de la campagne vaudoise, non ?
- Enfin, comment prouve-t-on que les dégats éventuels sont dûs aux fouines ? J'imagine qu'elles ne restent pas à côté de la voiture après l'avoir grignotée, attendant qu'on les prenne en photo ?

De toute évidence, trop de questions métaphysiques en suspens.

jeudi 4 octobre 2007

De communicatione

Je continue de vous faire part de mes lectures :
Les Suisses "s'informent beaucoup et bien, mais ils informent moins volontiers. Ils ont la réputation d'être plutôt taciturnes. Alors qu'ailleurs il est de bon ton de savoir parler, en Suisse il faut parler "comme ça vient" [...] Pour un politicien, s'exprimer sans trop de verve ni de finesse est plutôt un avantage qu'un handicap : il paraîtra ainsi plus sincère. "

Les Suisses attachent beaucoup de valeur et d'importance à la discrétion. [...] Ils ont appris à vivre cachés pour vivre heureux, à "être plutôt que paraître", mais aussi à "avoir plutôt qu'à avoir l'air". Ainsi se mettent-ils à l'abri des convoitises (quand tout va bien) ou des critiques (quand les choses vont mal). Ainsi, aussi, sauvegardent-ils leur indépendance et peuvent-ils rester "au dessus de tout soupçon".
Alexander Bergmann, Le "Swiss way of management"
Les Vaudois seraient connus en Suisse pour être particulièrement lents. Voici ce qu'en dit Fabien Dunand dans Le modèle suisse :

"Lors d'un sondage mené en 1990, 46 % des Romands interrogés attribuaient à ces chers Vaudois le record régional de lenteur. Faut-il y voir la preuve d'un esprit épais ? [...] Cette manière de dire le minimum, et de le dire en cherchant ses mots [...] s'explique plutôt par une volonté de contrôler constamment ses émotions sans trahir ses convictions, comme si la conversation, même intime, n'était qu'une négociation permanente avec l'autre."

Puis F. Dunand reprend une anecdote, celle de "deux ouvriers agricoles qui font la pause dans les vignes de Lavaux, au-dessus du Léman.
Soudain, l'un pénétré par la beauté rayonnante qui l'entoure, hasarde cette réflexion :
- Tout de même, quand on voit ce lac, si beau, ces montagnes qui le ferment, ce ciel, cette lumière... on ne peut s'empêcher de penser, qu'au-dessus de tout ça, il y a quelque chose...
L'autre le coupe :
-Hé ! dis-moi, Louis, est-ce que tu deviendrais fanatique ?"
Je pense que je parle trop, moi, et trop vite, pour un suisse. Il va falloir que j'apprenne à tourner ma langue 7 fois dans ma bouche avant de faire mes commentaires éclairés...

mercredi 3 octobre 2007

Condition féminine

- Le travail de mon entreprise réduit de plus en plus à des tâches administratives - sa fermeture approchant,
- le commencement des diverses démarches en vue de notre départ,
- le fait aussi que Le Gars soit un peu moins disponible du fait du travail engendré par sa future prise de fonction,
me font chaque jour davantage comprendre la justesse de ceci, lu sur le site de l'Union des Français de l'Etranger :


Partir en expatriation repose le plus souvent sur les épaules de la femme. Cela suppose encore trop souvent une perte ou une modification de sa carrière professionnelle, l'organisation du départ de toute la famille, le réglement des affaires administratives en France puis dans le pays d'accueil...

L'expatriation est une expérience enrichissante mais il faut se rendre à l'évidence, sa réussite est conditionnée par la participation de la femme dans le projet.


Ceci n'est pas une séance d'autopromo, encore moins une critique du Gars ou de ce projet que j'ai désiré de mes voeux. Je suis très heureuse de partir en Suisse, à Lausanne notamment qui nous a indéniablement séduits lorsque nous y avons séjourné cet été. Et je suis tout à fait emballée à l'idée de fonder 1/ une entreprise puis 2/ notre famille dans ce cadre très avenant.

C'est juste que ce rôle de "gestionnaire-du-changement", que j'ai accepté sans problèmes dès le départ, était encore abstrait jusqu'il y a peu. Or, sa prise de conscience et sa mise en oeuvre ne sont pas aussi simples que je l'avais pensé.

Etre ramenée à une fonction de femme au foyer (absolument honorable dans l'absolu mais peu adaptée à mon caractère) et ne pouvoir travailler qu'épisodiquement sur mon futur projet de création d'entreprise a généré une petite déprime le week-end dernier.
Cependant, je me rends compte qu'il me faut voir plus loin, c'est-à-dire la vie qu'on se rêve et que l'on continue de se construire avec cette installation en Suisse. A côté de cela, il est vrai que quelques mois passés dans les arcanes de diverses administrations et dans les cartons n'ont pas une importance énorme, bien qu'ils représentent un enjeu.

La solide reconnaissance du Gars et ce blog m'aideront de toute évidence à garder l'enthousiasme seul et la distance nécessaire :-)

lundi 1 octobre 2007

De labore

Lu dans : Alexander Bergmann, Le "swiss way of management" ou les évidences cachées des entreprises suisses.

"Les Suisses sont travailleurs. Si on réduit leurs heures ou si on leur donne plus de vacances, ou si on leur fait arrêter le travail plus tôt que prévu, ils paniquent."

"[...] l'entreprise est, en Suisse, un lieu de consensus fondamental entre employeur et employés. C'est une communauté d'intérêts au sein de laquelle les salariés et leurs organisations syndicales, au lieu de s'opposer systématiquement aux propriétaires ou aux responsables, collaborent avec ces derniers dans le but commun du développement de l'entreprise. On évite même de simples critiques qui mettraient en cause cette attitude constructive."


Projet de la LCR (France) 2007 :

Proposition 1: Réduction du temps de travail sans perte de salaire, sans flexibilité et avec les embauches correspondantes à 32 heures hebdomadaires tout de suite pour toutes les entreprises et à 30 heures très rapidement ;

Proposition 2 : Mise en place d'un dispositif de réduction du temps de travail automatique en fonction du nombre de chômeurs pour partager le temps de travail.

"Des mesures favorables aux salariés, la remise en cause du capitalisme, la rupture avec les exigences patronales ne pourront être le fait que de la mobilisation populaire, du rapport de force imposé par les travailleurs." (O. Besancenot)

Vous ai-je précisé que A. Bergmann insite beaucoup sur le réalisme des Suisses ?